L’empreinte : une révélation

Attention, sur ce site, vous ne trouverez pas de critique de film, d’abord parce que nous n’avons ni les compétences, ni la fibre pour ça, mais surtout parce que d’autres le font déjà très bien. Mais des coups de coeur et des clins d’oeil, nous espérons vous en offrir souvent!


L’empreinte!

Une révélation sur un sujet aussi fondamental que nos origines, nos valeurs, notre identité, ça laisse des traces et c’est bien ce que m’a laissé ce film. J’ai l’impression de m’être réapproprié un peu plus mes origines.

Si au début, L’empreinte m’a semblé lent à décoller et que je n’ai pas tout de suite vu où il se dirigeait, j’ai eu l’impression que Roy Dupuis prenait doucement ses aises comme intervieweur, et qu’à sa mesure, le film prenait son envol. Je suis impressionné par son investissement personnel dans de documentaire.

Depuis aussi longtemps que je me rappelle, ma sœur et moi parlons périodiquement de la partie amérindienne de nos souches. Comme une curiosité face à nos origines que nous connaissons vaguement, dont notre père ne nous a jamais ouvertement dévoilé les détails, dont il nous a parfois glissé quelques mots sous le couvert du mystère.

L’ empreinte a donné un éclairage différent sur ce questionnement qui m’habite depuis toujours : d’où me viennent ce profond attrait pour la solidarité, mes valeurs « gauchistes », mon désintérêt pour l’argent, ma préférence pour les relations authentiques et mon souci d’écouter? J’ai l’impression aujourd’hui que ça prend tout son sens!

Au-delà de ce que le film m’a appris, c’est le sentiment de réintégrer l’entièreté de mes origines et de mes valeurs qu’il m’a apporté. En fait, voir L’empreinte m’a apaisé, a calmé le trouble diffus que je ressentais de ne pas comprendre ou de ne pas réussir à mettre des mots sur d’où je viens, essentiels pour valider qui je suis.

Toujours, je tentais d’expliquer notre culture québécoise uniquement par la lorgnette de notre parenté avec les français et je n’arrivais ainsi qu’à me comparer. Je voyais bien que je suis « moins » sensible aux apparences, à la hiérarchie, au besoin d’avoir raison que les Français et j’en concluais secrètement que c’est parce que je suis le fruit d’une société de « basse classe française », conciliant par soumission.

Par une approche très détaillée des manifestations de notre métissage avec les nations autochtones, L’empreinte m’a permis de me réapproprier le droit et la fierté d’être Québécois, un mélange de français et de traditions autochtones, riche en partage, en solidarité, en écoute et en conciliation.

Je ne peux terminer sans mentionner mes coups de cœur particuliers pour les échanges de Roy Dupuis avec la juge Louise Otis et avec l’anthropologue Nicole O’Bomsawin dont j’ai envie de saluer l’apport à notre société « distincte ».

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